Témoignage


Tahiti rouge 725 (4)Tahiti rouge 996 (3)Tahiti rouge 224

 

Nous sommes allés jusqu’à Tahiti…

 

En mai 2007 je commence mes dialyses. Je ne sais pas vraiment où je vais.

 

Deux options : subir ou réagir. Je réagis, et je fais 1 an de psychothérapie pour m’aider à me sentir bien dans ma peau. Je suis un grand optimiste et je me dis qu’une vie de dialysé est une vie normale … avec dialyse. Et qu’est-ce que la dialyse ? 12 heures sur une semaine qui en compte 168.

 

Il est vrai que l’association des pathologies augmente la fatigabilité. Solution : changer son rythme. De toute façon, à presque 60 ans il faut savoir ralentir.

André Gide a écrit : « l’intelligence est la faculté d’adaptation ».

 

Etre en dialyse, c’est dépendre d’une machine. C’est ce que disent la plupart des patients. Nous vivons en Europe, en France, où les centres de dialyses sont légions ! Dans le monde développé aussi les centres de dialyses ne manquent pas.

 

J’ai eu vent d’une association à but non lucratif, IDO (International Dialysis Organisation), dont un des slogans est « Je suis dialysé (e) et je pars en vacances ! ».

 

Je prends contact pour la première fois avec IDO et j’ai un retour quasi immédiat de Carine et Anne. Celles-ci notent ma volonté de passer quelques jours chez mon fils à Versailles et organisent à partir de mon dossier médical récupéré à mon centre de dialyse mes séances à proximité de Versailles. Aucun problème. D’autres déplacements sont pour moi organisés par Carine et Anne dont un séjour sur l’Île de Rhodes.

 

Fin 2013, un projet me semble-t-il difficilement réalisable, nous accapare l’esprit : un séjour en Polynésie française, Tahiti.

 

Je reprends contact avec IDO. Carine me répond début janvier 2014, me donnant quelques renseignements : meilleure saison, vols, décalage horaire, centres de dialyses, et me posant quelques questions : budget, dates souhaitées, type de logement,…. Nos seules volontés : 15 jours incluant la date de notre anniversaire de mariage, et voir un maximum de belles choses.

 

Carine et Anne construisent ce voyage en nous tenant au courant régulièrement : une trentaine de mails sont échangés. Rien n’est laissé au hasard. Après l’été nous signons pour un voyage « sur mesure ». Avions, hôtels, transferts d’aéroports à hôtels, organisation de mini-séjours dans d’autres iles de Polynésie (vols, transferts, activités) et évidemment organisation des dialyses (traitements, administratif, transports).

Le voyage se déroule pendant les quinze premiers jours de décembre. GO !!!

 

L’accueil traditionnel à l’aéroport de Papeete se fait avec des colliers de fleurs. Un minibus nous transporte à l’hôtel. Le site, pour les touristes que nous sommes, est idyllique et nous ne sommes aucunement déçus par l’ambiance et la bonhomie tahitiennes. La faune et la flore nous dépaysent totalement.

 

Le lundi c’est jour de dialyse. A l’heure fixée par Anne, un VSL m’attend à l’accueil de l’hôtel et me transporte dans une ambiance musicale ukulélé. Le centre de dialyse est à 30 minutes de l’hôtel (vitesse îlienne !). Une infirmière m’accueille, se présente, me bise et me tutoie. C’est comme ça en Polynésie ! Visite médicale comme… en France ! Branchement au milieu de 8 autres patients souriants et amicaux : questions, conseils… Tout se passe comme… en France ! Les cinq dialyses se dérouleront sans anicroches, si ce n’est un petit retard (récurent) du VSL. Mes dialyses se font en fin d’après-midi comme… en France ! Des renseignements me sont demandés par la sécurité sociale polynésienne. Je téléphone à Anne qui gère tout depuis la métropole. Vraiment nous ne sommes pas seuls !

 

Le mardi nous sommes de sortie pour rencontrer des raies et des requins à pointes noires. Non pas dans un aquarium, mais au milieu d’eux ! Nous pique-niquons de poissons crus préparés par nous-mêmes et de coco sur un tout petit motu (îlot polynésien). En guise de digestion nous barbotons dans une eau translucide.

 

Mercredi, farniente et dialyse. Le soir en rentrant à l’hôtel, danses traditionnelles avec des hakas retentissants.

 

Le jeudi nous nous envolons pour Moorea, l’île sœur de Tahiti. L’après midi, nous nageons avec des dauphins en semi-liberté. Le lendemain nous visitons le centre « te mana o te moana », la clinique des tortues marines : en nageant avec les dauphins, nous contribuons à notre manière au financement de cet organisme très connu en Polynésie pour la protection des tortues marines.

 

Le vendredi, retour à Papeete et l’après-midi nous visitons un peu la ville, son grand marché et nous tombons sur Teheiura, un des héros du jeu Koh-Lanta, qui dédicaçait son livre.

 

Le samedi, nous profitons du luxe de l’hôtel (avec dialyse en fin de journée) et le dimanche nous décollons vers la « perle du pacifique », Bora-Bora.

Le bungalow sur pilotis, la plage de sable blanc, un hôtel au bout de la pointe Matira. Là, je déclare à nouveau ma flamme à mon épouse à l’occasion de nos 35 ans de mariage. Ce fut une surprise pour elle. Tout avait été discrètement organisé à ma demande pas Carine depuis la métropole. Nous avions poussé la discrétion jusqu’à ne parler, sur nos échanges de mails, que d’une « activité traditionnelle »….

 

Le mardi nous revenons à Papeete où m’attendent mes aiguilles et mes lignes qui me permettent de profiter de tous les fruits qu’offre la nature polynésienne.

Pour le mercredi, le tour complet de l’île nous permet de découvrir une végétation luxuriante, des habitants tranquilles et chaleureux.

 

Le jeudi, dernier jour, dernier bain et dernière dialyse. Nous emmagasinons des souvenirs merveilleux !

Vendredi et samedi, vols retours.

 

Que d’émotions, que de bonheur, vive la vie !

 

Carine, Anne … prêtes pour l’organisation d’un voyage-dialyse sur Maurice et Seychelles en 2016 ?

 

Philippe Roubinet